Alors, quoi de neuf? Ta vie sentimentale?
J’ai rencontré quelqu’un, tu sais.
Ah, comment…
On mangeait des barquettes parfois en pause. La première fois que je l’ai vu, il avait une clope pincée entre ses lèvres, et je lui ai dit un truc du genre, c’est vilain, et puis c’est mauvais pour la santé…
Il est comment?
Il est brun, mais pas comme toi. Plutôt typé méditerrannéen. Les yeux presque noisettes, je les pensais verts au début. Des lèvres fines, pas avenantes. Un nez aquilin.
Est-ce que parfois tu penses à nous? Enfin, à moi…
Chaque geste chaque respiration de sa part est un affront, une sorte de comparaison. Je ne peux pas lui soumettre. Lorsque je le vois je trouve à tes défauts des qualités parce que les siens m’agacent.
Il t’aime…
Il m’aime. Son amour m’indispose.
Et dans l’intimité…?
Rien à voir avec nous. Et toi, ça t’es arrivé de te dire que je te manquais? Enfin, t’as pensé à moi ce laps de temps?
Elle n’est pas blonde et idiote pour rien. Tu me manques.
Je ne reviendrais pas. Il fallait m’aimer avant. Et puis je l’aime bien mon petit intello à deux balles. Mes gosses n’auront pas d’aussi beaux yeux qu’avec toi mais bon…
Tu veux revenir? On ferait de belles choses…
Ne parle pas d’avenir, tu ne connais même pas ce mot.
Au fait…
Quoi? Ne me regarde pas comme ça.
Il y a quelque chose que je ne t’ai jamais dit…
Je sais, je suis merveilleuse. Ne regrette pas, j’en ai conscience.
Non. Je t’aime.
Connard.
Je ne pouvais pas avant.
Peut-être qu’il n’est pas trop tard pour s’aimer…

Dans ma vie il y de l’amour.
Dans ma vie il y a toi.
Dommage que ces deux phrases n’aient absolument aucun rapport.

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Entre deux écarts de murs il y a diverses tagiversations à propos de trucs plutôt inintéressants; quelle place telle prendra dans les nouveaux bureaux, est-ce que l’heure de modulation a été comptabilisée en fiche de paye, mais surtout, au fond, il y a mes crûes larmes, un peu folles et dans une autre langue je suis accroupie à ta gauche, on bouffe des gâteaux et je trouve que tu as de beaux yeux bruns. En fait, je tombe malade puis je me soigne, je souris, mais le constat final est terne que je n’imagine plus aucun pic arc-en-ciel. De déclarations en silences, d’espoirs en lutte perdue, j’ai signé l’arrêt de mort du plus beau bonheur de ma vie – quoi, tu ne connais pas cette grande ville de Croatie? Non, mais je me disais que tu me plaisais bien, mais même si tu me plaîs, ça ne servirait à rien de t’aborder, j’pourrais jamais t’aimer.
J’pourrais simplement pas imaginer l’avenir autrement que dans cet univers rêveur dans lequel je me suis laissée embarquer malgré moi, et ça m’rend tout bonnement malade.
Alors j’gobe des Hollywood chewing gum parfum fraise doux-piquant, douce piquante comme moi tiens.

Rien ne m’attache plus à personne, je suis libre.

Libre de tomber plus bas, ou de prendre la bonne pente, celle qui monte au pic.

. Comme mon évidence ;

octobre 6, 2008

T‘es qui, t’as quel âge, tu viens d’où, pourquoi ici, ce matin, dans la presque brume, mes cheveux lissés ma bouche aseptysée aux regrets démoniaques. J’achète un bouquin qui va essorer mon corps, mon coeur j’en suis sûre que j’aurais la gerbe, doucement, j’aurais un grand manège en tête. Je voudrais un médoc’ miracle qui m’permettrait de ne pas aimer, parce qu’au fond pour le moment ça ne me sert à rien d’être amoureuse; adorer c’est déjà pas mal, j’aurais du m’en contenter – si seulement j’avais pu!
En attendant la fin je fais le ménage dans l’appart’, dans ma vie, dans mes méninges un peu embrouillées. Je me noie dans un bonheur que je vis seule, égoïstement, un bonheur que j’ai appris à cultiver grâce à lui, évidemment, comment ne pas y revenir indéfiniment.
Je vous gave avec mes histoires mais hier j’ai vu le soleil, à l’horizon il faisait frais, j’ai acheté une corde à sauter, ma  vie devient une obsession: professionnelle, physique, mentale, arrête cocotte t’es pas surhumaine non plus, craquer ça peut arriver, pleurer ça te rendra pas plus faible.
J’ai appelé mon chaton Némo, moi aussi j’suis comme un poisson dans l’eau, mais pourtant parfois je me noie.
(PS: Je t’aime, comme d’habitude.)

Esthéticienne, médecin, talons de dix centimètres sans trop en faire, grande classe, cheveux plus clairs, taf, pseudos-responsabilités, sommeil, siestes, soleil nîmois, je me la joue super-femme des temps modernes, je mange du livre, de ta photo, des noeuds secrets, je me tais, j’attends, doucement, je me sens bercée, encore, sur du slam je rêve, je crève, je trêve.