Sortie de boulot. 17h15, premier rond point. On attend qu’il n’y ait plus de voitures à gauche. La Scenic derrière moi n’a pas l’air de me voir, accroché à son téléphone le mec ne regarde qu’à gauche et pas à sa droite, où je suis à vélo. Il accélère sur moi, me percute, et je tombe. Choquée, il me demande si je vais bien: je sens que je n’ai rien de cassé, je dis un vague oui, il me demande si j’ai besoin du samu, je dis non, non, mais en fait je n’en sais rien, je me suis fait percuter par sa bagnole et je n’ai donc conscience de rien que de mon corps toujours vivant. Il s’en va me laissant me relever seule, entrain de me rendre compte que le vélo a déraillé. Je l’enfourne, fait quelques mètres tremblante, et je craque en pleine descente. respiration forte, larmes, le choc arrive, j’aurais pu crever. Je ne peux pas m’arrêter. Je chiale comme une môme. Je m’arrête et je l’appelle. Mon ange gardien qui m’emmène d’abord à la pharmacie, puis aux urgences (d’ailleurs, espérez que votre cas ne soit pas trop urgent, car vous avez le temps de crever tranquille). Traumatisme à la main, je m’en sors à pouvoir gratter au LOTO.
Au delà de la douleur physique, mal de dos et petits traumatismes sans aucune gravité, c’est le choc psychologique qui me tient à bout. Tu te rends compte que ta vie tenait à un crevard au téléphone et que sa caisse aurait pu te paralyser à vie ou tout simplement te l’ôter.

Sans préavis. Sans leur avoir dit combien je les aime. Sans avoir réalisé ne serait-ce que 10% de tes projets de vie. Je crois qu’il faut juste que je profite de chaque instant. Faites pareil.

De retour à Nîmes, soleil, chaleur, pas tant dans mon coeur d’avoir quitté si beau Strasbourg, si jolis souvenirs évidemment.
La dépression post-retour n’a pas failli à son nom, emportant tous les soucis de ma vie quotidienne et toutes les questions toujours existencielles: pourquoi la solitude me fait mal, pourquoi j’ai peur, pourquoi sont-ils loin de moi, ai-je fait les bons choix, pourquoi n’est-il pas mien?
Et puis pourtant, entre ce midi et quatorze qui toujours est si tendre, j’oublie parfois ces interrogations sans queue ni tête pour me noyer dans ses épaules et espérer des jours meilleurs. L’espoir a foutu le camp, l’amour non, l’amitié est plus forte que jamais, nos fous rires résonnent et je sais que ce lien existera toujours quoi qu’il arrive.
Au travail sans parler des heures c’est une fatigue générale, un début de lassitude que je compte canaliser dans une grande discussion et peut-être même un choix de vie qui ne saurait tarder.
Je n’ai toujours pas le net, et je ne compte pas m’y remettre de sitôt.